C'est pas que j'ai franchement envie de la raconter, mais c'est le seul moyen pour que les lecteurs, vous, comprennent au lieu d'essayer de deviner.
J'ai rencontré mon mari il y a longtemps. Moi qui disais que le coup de foudre n'existe pas, je me suis rendue compte très récemment que lui et moi, ça avait été un coup de foudre. C'est l'avantage de "tout ça", ça m'a permis de réfléchir sur beaucoup de choses. Y compris ça: le coup de foudre existe, je l'ai vécu. Mais si lui et moi, ça a collé tout de suite, on a pris notre temps. Nous étions jeunes, nous avions la vie devant nous. Nous étions tous les 2 étudiants, plus ou moins chez papa-maman, nous nous sommes vus régulièrement pendant quelques années avant de prendre un appartement ensemble, tout naturellement. Les années ont passé, les appartements aussi. Il n'y a pas longtemps, nous en avons acheté un ensemble. Je parlais de temps en temps de mariage mais, comme toute la famille d'ailleurs, je n'y croyais plus. Il y était farouchement opposé. Un jour, il a dû réaliser que l'achat d'un appartement était un engagement quasiment aussi grand qu'un mariage et, quand je lui en ai parlé, sans trop y croire, il a trouvé que c'était une bonne idée, et nous nous sommes mariés. (Je suis effarée, en me relisant, de la froideur de la description que je fais. Pourtant, j'aime profondément mon mari, je suis très fière de ce que nous avons construit ensemble et c'est un homme merveilleux, intelligent, drôle, présent et attentionné. Quasiment parfait. Et j'en parle d'une manière si froide! Je le mets dans mes notes, j'essayerais de développer ça un jour dans un autre billet).
Bref, je ne me suis pas mariée par hasard avec un homme qui ne me convient pas.
Nous nous aimons, tout va à peu près bien dans notre vie de tous les jours, sexuellement aussi, tout baigne. Je ne l'ai jamais trompée, je n'en ai jamais éprouvé le besoin.
Toujours en bref: j'ai tout pour être heureuse.
Et, il y a 3 ans, j'ai rencontré quelqu'un. Ou, comme je l'explique dans le billet précédent, je me suis faite bêtement avoir, je suis tombée amoureuse sans m'en rendre compte.
Depuis, doutes, culpabilité, tout ça.
Douleur, surtout.
Je ne pensais pas qu'on pouvait souffrir autant sans être malade ou avoir perdu un être cher.
Alors bon, je passe les détails, j'y reviendrais sûrement une autre fois, dans d'autres billets, mais là, je veux juste faire court et efficace. Je n'ai pas du tout envie d'écrire ce billet, en fait, parce que ça fait vraiment mauvais roman et je me sens tellement minable quand je raconte ça. Car, peu importe comment je le tourne et les excuses que je peux éventuellement me trouver, et peu importe si je n'ai jamais couché avec un autre homme que le mien, ça reste de la trahison.
Donc, bref, après des mois et des mois de douleur et de souffrance, j'ai réussi, non pas à moi ns souffrir, mais à ne plus penser tout le temps à la souffrance, en m'occupant l'esprit constamment avec des copains que j'ai récemment rencontrés avec qui je suis toute la journée sur la messagerie instantanée, en conversation à 2, 3 ou 4, à partir du bureau.
Est-ce que vous me voyez venir?
L'un de ces copain était célibataire. Sa copine l'avait quitté quelques mois auparavant. C'est un type bien, curieux mélange de timidité et d'aplomb, d'arrogance affichée et de manque de confiance en soi chronique, avec une vulgarité machiste qui cache (mal) un grand romantisme.
Le meilleur moyen d'oublier ses problèmes, c'est de s'intéresser à ceux des autres, vérité première qui en cachait une autre dont j'aurais dû pourtant me souvenir puisque j'étais encore en plein de les conséquences de cette vérité: à trop se rapprocher de quelqu'un, on peut en tomber amoureux. Dont acte.
Et ce fut réciproque. Alors bon, re-galère, re-souffrance, re-culpabilité. Par contre, là, j'avais décidé de ne pas lutter. Je n'étais pas pressée de passer à l'acte, j'avais même bien l'intention de repousser le plus possible, mais il était hors de question de nager comme ça à contre-courant, de se faire souffrir pour rien. Heureusement ou hélas, sa copine, celle dont j'ai parlé plus haut, a soudain décidé de revenir. Et lui, il a décider de se redonner une autre chance avec elle. Et comme c'est un type bien, il est hors de question pour lui de continuer avec moi. Et comme c'est un type bien, il ne me laisse pas non plus seule dans mon coin. Et comme je veux son bonheur, j'essaye d'accepter ça. Et comme je ne suis pas parfaite, j'ai du mal.
Et l'autre homme? Celui qui a troublé en premier ma tranquillité? Pourquoi je n'en parle pas? Parce que j'essaye de l'oublier. Ce qui n'est pas facile, parce que je suis obligée de le croiser régulièrement. Et je n'en parle pas parce que j'ai enfoui en plus profond de moi les sentiments que j'éprouve pour lui. Et que je sais bien que si je creuse, tout va revenir, comme à chaque fois que j'ai cru que "c'était fini". Et que j'ai bien assez de problèmes comme ça.
Voilà.
Voilà un résumé que j'espère à peu près sincère de ma situation actuelle. Fait à contre-coeur. Les mots ne viennent pas, la rage est là. Je suis seule ce soir. Mon mari est malade et dort sur le canapé, et mon "amoureux" est chez sa copine ce soir. Et les mots me brûlent, ils sont laids, ils font mal car ils ne veulent pas sortir, mais je dois à mes 2 ou 3 lecteurs, au moins à vous, les 2 qui ont laissé un commentaire, oui, je vous dois l'honnêteté. Plaignez-moi ou jugez-moi, mais au moins, maintenant, vous savez.
mercredi 19 mars 2008
Mon "histoire"
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1 commentaire:
Qu'il est dur ce billet... Tu te juges vraiment durement pour des sentiments juste humains.
Je sais que la solitude, la culpabilité sont des sentiments difficilement supportables, mais ce qui est sûr c'est que tu n'y es pour rien.
A bientôt!
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