lundi 31 mars 2008

Sex and the city

L'autre jour, je regardais d'un oeil distrait "Sex and the city". Mon oeil était distrait parce que j'ai déjà vu cette série au moins 2 fois: une fois avec attention (j'adorais), une fois avec moins d'attention (je suis pas fan non plus). Mon oeil était d'autant plus distrait que je me souvenais assez bien de ces épisodes. Oui, en fait, j'ai vu quelques épisodes d'affilé, en faisant autre chose, alors que je n'étais pas tombée sur cette série depuis des lustres. Et ces épisodes formaient un tout qui m'a marquée, comme si c'était un signe. Ou alors, je vois des signes partout? Bref, je reprends.
Carrie sort avec Aiden. Il est beau, gentil, attentionné, parfait. Mais elle retombe sur son ex, Big (j'espère que je n'écorche pas trop les noms, j'ai la flemme de vérifier) qui, honnêtement, bien qu'il ait des qualités, est vachement moins bien qu'Aiden, tout le monde, y compris Carrie, est d'accord là-dessus. Mais elle trompe quand-même Aiden avec Big. Elle en souffre, elle se sent coupable, elle se sent humiliée d'être obligée de prendre des rendez-vous avec Big dans des hôtels, elle supporte mal la gentillesse d'Aiden, qui ignore tout, envers elle, mais elle ne peut pas s'empêcher. Elle décrit ça comme une lame de fond, quelque chose de plus fort qu'elle. Les deux premières fois que j'ai vu ces épisodes, je ne les ai pas compris. Je ne comprenais pas comment on pouvait faire quelque chose comme ça "contre sa volonté". Du coup, je ne comprenais pas qu'elle puisse continuer si ça la faisait tellement souffrir. Maintenant, je comprends. Même si je n'ai jamais couché, même si je n'ai jamais passé ce cap (Dieu, s'il existe, merci), je comprends cette impression de ne pas être maître de ses sentiments (bon, ça, à la limite, c'est plutôt normal) ni même de ses actes. Ne pas être maître de ses actes, ça, c'est très perturbant. Décider à 9h qu'on n'enverrait pas de mail et en envoyer un à 9h15. Décider qu'on refuserait de déjeuner et le proposer.
C'est ce qui est le plus perturbant en fait, l'impression qu'on ne peut pas lutter, qu'on ne contrôle rien, qu'on ne choisit rien, qu'on n'est qu'une marionnette entre les mains d'on ne sait qui. Pas de la personne aimée, en tout cas (pas dans mon cas, tout du moins)

Quelques épisodes plus tard, après que ce soit fini avec Big, rongée par la culpabilité, le remords, et animée aussi, je pense, par le respect qu'elle a pour Aiden, elle lui avoue tout. Il répond "j'aurais préféré ne pas savoir" et la quitte.
Moi aussi, j'ai été tentée de tout dire à mon mari. Je ne l'ai pas fait par peur de le perdre, par pure lâcheté.
En voyant cet épisode, je me suis demandée si Carrie, elle aussi, n'avait pas tout avoué par lâcheté, une autre forme de lâcheté. Est-ce qu'elle n'arrivait plus à garder ça pour elle? Est-ce par peur de ne plus pouvoir se regarder dans la glace? En avouant, elle cherchait forcément le pardon. Donc, pouvoir à nouveau redresser la tête. Tant que les choses sont cachées, on est seul avec sa conscience. Si sa conscience n'est pas très bavarde, tout va bien. Si sa conscience nous fait souffrir, avouer n'est-il pas un moyen de se décharger de sa culpabilité?

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Combien de fois j'ai regardé Sex and the City en me demandant si le sujet des épisodes n'étaient pas fait exprès... Comme les chansons qu'on écoute correspondent à nos vies, ben oui, sex and the city est tombé bien des fois en accord avec la mienne...
La morale que tu cherches c'est à toi de la trouver, les conseils sont rarement bon a prendre en pleine introspection... Certains parleraient de courage, d'autres de lâcheté, il n'y a que ta manière de ressentir les choses qui te fait porter ce jugement... Les mots nous font juste pencher d'un côté ou de l'autre, mais le fond reste toujours le même!
Bon courage :)