dimanche 6 avril 2008

Rage

Je relis mon billet de mardi et je me demande si c'était un poisson d'avril.
J'essaye de me remémorer mon humeur et de me souvenir du moment où elle a changé, mais je ne me rappelle ni de l'une, ni de l'autre. Heureusement que je l'ai écrit, ça me permet de réaliser que ce moment a existé.

J'avais envie d'écrire ici ce que je ressentais en ce moment et comment je vais, mais en fait, j'en sais rien.
Mon mari doit me trouver normale, un peu fatiguée.
Au bureau, on doit me trouver sympa, mais en peu speedée, ce qui est normal en ce moment.
Lui doit me trouver chiante, car c'est à lui que je fais tout payer.

Et moi, comment je me trouve? Je ne me trouve pas, c'est bien ça le problème.

Je ne dors pas assez, je suis irritable. Je le cache en partie, je me défoule sur lui. Mais il ne m'aide pas, à défaut, il faut bien qu'il me serve de défouloir. Je sais, c'est dur ce que je dis, voire même injuste. Mais tant pis. Il n'a qu'à comprendre, aussi. Comprendre que j'ai besoin de lui, comprendre que ce que je dis est la vérité nue, mais incomplète, comprendre que je manque de mots pour expliquer ce que je ressens, comprendre que quand je le rejette c'est parce que je veux qu'il me demande de rester.
Il dit qu'il veut être mon confident, mais mes confidences ne trouvent jamais d'écho en lui et la conversation finit toujours par se recentrer sur sa personne. Oui, j'aime quand on parle de lui, oui, je ne m'en lasse jamais, mais en ce moment, je ne peux tout simplement pas le supporter, parce que parler de lui, c'est parler d'elle et de lui. Je suis en période de rejet, tout ce qui peut me faire penser à elle, à sa simple existence, me rend triste et me met en rage. Je refuse son existence, son existence même est une insulte, une tache, une abomination. Et pourtant, toutes nos conversations n'ont que 2 sujets possibles: le temps qu'il fait ou lui et elle. A chaque fois qu'on parle, il me gifle, en toute inocence: je n'ai pas de place dans sa vie.
Il me dit qu'il veut qu'on soit amis, "Amis" même, mais quand je lui dis que je vais arrêter de lui parler, il ne répond rien.
Il me dit qu'il tient à moi, mais quand je dis que mon "au revoir" est pour bientôt, il me reparle d'elle. C'était indirect, mais c'était elle, encore elle, toujours elle.
Pourquoi ne comprend-il pas?
Pourquoi ne voit-il pas quand les larmes montent, quand elles coulent?
Pourquoi ne voit-il pas que quand je me mets en colère sur mon clavier, c'est la rage de ne pouvoir retenir ces quelques larmes, qui pourraient se transformer en déluge, larmes que je n'ai pas le droit de laisser couler ici?
Pire: et s'il le savait? Et s'il s'en fichait? Et s'il avait tout simplement décidé de me laisser me démerder seule?
Il me l'a dit plusieurs fois "je veux qu'on soit amis". Il me l'a dit aussi souvent "je serais toujours là pour toi". Mais c'est faux, il croit peut-être faire des efforts, mais, même s'il est là, derrière son écran, il n'est pas là pour moi.

Je reste seule avec ma peine. Il n'y a personne pour m'aider à porter ce poids. Je suis toujours seule avec cette souffrance.

Il va bien falloir que je l'accepte et que j'en tire les conséquences. Puisque je suis toujours seule, même si j'essaye de m'entourer, il va falloir que je coupe les ponts, ces ponts qui ne me soulagent pas, qui me font même un peu plus mal.

Il me manque juste le courage. Mais il viendra.

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